Arpenter l’Ouest

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J’habite une localité dont le simple énoncé du nom provoque souvent chez mon interlocuteur un silence stupéfait. Ou alors une logorrhée interrogative qui débute généralement ainsi : « Mais où à R. ? »

Cela me gêne-t-il ? Non, tout au contraire ! Je me plais à habiter un territoire qui génère tant de représentations négatives chez ceux qui ne l’habitent pas, représentations souvent si éloignées des réalités de ceux qui l’habitent ; c’est un peu comme si j’habitais au milieu d’un grand terrain d’observation dont le paysage change mais dont les représentations demeurent. Tout ceci me régale, car je suis géographe, passionné par le phénomène urbain.

Ce territoire c’est l’Ouest lausannois, cette localité c’est Renens.

Ce blog est lointainement issu de mon besoin de mieux comprendre l’environnement que j’habite. Environnement a priori peu lisible, sorte de patchwork urbain mais brouillon, qui serait en plus souillé par de vieilles taches quasiment indélébiles, les représentations qu’en ont les autres, voisins ou gens qui ne font que passer.

Au fil des ans et des balades, j’ai vu nombre de changements, ce qui n’a rien d’étonnant dans un territoire urbain, sauf que. Le rythme a changé, accélère, et quand ça accélère, il est rare que l’on réfléchisse davantage, que l’on réfléchisse dans plusieurs directions ; en général, on fonce dans une direction, prétendument la bonne, et rarement on se souvient d’où l’on vient.

Dès l’été 2014, j’ai eu la chance de pouvoir consacrer six mois entiers à arpenter ce territoire en vue de mieux le saisir : cerner ses limites, frontières administratives et frontières mentales, comprendre les représentations qu’il génère, fantasmées ou réelles, aller à la rencontre de ceux qui font sa substance au quotidien, gens d’ici, gens d’ailleurs, questionner les mutations en cours et à venir.

Débuté fin août 2014, ce blog est le journal de cette recherche sans fin, avec ses hauts et ses bas. Il avance au gré des saisons, foisonne, hiberne, se réveille, tâtonne, se réorganise. Il est en somme à l’image de l’espace complexe qu’il tente d’éclairer, un brouillon qui progresse, mais qui reste brouillon. Lecteur, te voilà averti !